« Cette constellation de héros, ce vieux fonds légendaire et sacré appartiennent à l’ordre de ce qui est à transmettre. Ils constituent l’armature de notre imaginaire du nord-ouest de l’Europe – imaginaire, on l’a vu, qui n’hésite pas à étendre ses capillarités jusque dans le Croissant baroque – et forment un ensemble de figures qui sont perpétuellement à incarner. Le travail de Chrétien de Troyes et des scripteurs médiévaux est emblématiquement inachevé. Le mythe doit sans cesse être dit et redit à l’orée des flots, comme une partition sacrée qui appellent en permanence de nouveaux accomplissements. Pour cela, il doit être raccordé à sa souche irlandaise et primitive, il doit être retrempé dans le bain de ses mers d’origine. Toute poétique pleinement arthurienne doit être soucieuse de manifester ce feuilleté, cette stratification vivante qui montre l’ancrage fondateur. » — Philippe Le Guillou

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